Enseignants Les clés pour accompagner un élève en difficulté
Les clés pour accompagner un élève en difficulté

Les clés pour accompagner un élève en difficulté

Délicate définition

« Elève en difficulté » : terminologie ambigüe qui recouvre des réalités bien différentes. L’élève en difficulté est-il celui à qui manquent les fondamentaux ? Celui qui est simplement un peu plus « lent », dont le rythme ou la manière d’apprendre ne correspond pas à la « norme » ? Celui qui ne suit pas le cours ? Celui qui sortira de l’école sans qualifications ? De qui parle-t-on exactement ?

Cet « élève en difficulté », « décrocheur » ou en « situation d’échec scolaire » est polymorphe et multi-dimensionnel. Les causes le sont tout autant : difficultés et troubles de l’apprentissage, problématiques socio-culturelles, système inadapté…

Si la difficulté fait partie intégrante du chemin d’apprentissage, comment savoir lorsqu’elle est « dépassable » et lorsqu’elle ne l’est pas ? Ou en tout cas, pas dans les conditions et les méthodes d’enseignement qui vous sont données ?

Que faire ?

La difficulté scolaire

Entre 150 000 et 800 000 élèves sortent de l’école sans qualifications et sans diplôme, ce qui peut représenter jusqu’à 20% d’une classe d’âge. Si l’on met de côté les facteurs « externes » comme les problèmes familiaux ou les problématiques d’apprentissage comme la dyslexie ou la dyscalculie, facteurs sur lesquels vous avez peu de leviers d’action… il est important de reconnaître que certaines causes de la difficulté scolaire sont directement imputables au système éducatif français.

Deux éléments constitutifs du système français sont susceptibles de « produire » de l’échec scolaire. L’enseignement y est souvent plus orienté vers l’abstraction que les voisins anglosaxons. Dans ce contexte, comment gérer les élèves qui ne comprennent pas le sens des savoirs, qui ne comprennent ce qu’ils permettent de faire et en quoi ils sont « utiles » dans la « vie » ? Les modes d’évaluation sont le deuxième facteur créant de la difficulté scolaire : l’erreur est encore trop souvent assimilée à la faute, l’évaluation se réduit à une « moyenne générale » plus souvent qu’elle ne mesure l’acquisition des compétences.

Les pistes

Le problème pour le professeur est de trouver le juste milieu entre une trop grande distance et trop d’attention qui peut confiner à de la stigmatisation et mettre l’élève concerné à l’écart. Et malheureusement, il n’y a pas de « profil type » de l’élève en difficulté. C’est pourquoi c’est dans la diversité et le nombre des dispositifs de soutien que les élèves peuvent trouver les moyens de « remonter la pente ».

Des pistes de travail sont de l’ordre de la posture professorale et du psychoaffectif, d’autres constituent en des techniques d’animation en classe, certaines enfin reposent sur des dispositifs institutionnels.

Petit tour d’horizon !

Au niveau de la classe

  • Utiliser la différenciation pédagogique, en utilisant les TIC par exemple
  • Réduire la part d’enseignement magistral et favoriser la coopération et l’entraide entre élèves par des activités de groupe, ou tester des dispositions originales du type « classe inversée »
  • Raviver la curiosité, l’attention, l’implication personnelle de l’élève par des méthodes innovantesà l’instar des jeux sérieux afin de sortir l’élève de la passivité dans laquelle il a pu être plongé au cours de sa scolarité

Au niveau de l’élève

  • S’appuyer sur ce que l’élève fait de bien pour le sortir de la spirale infernale du « je suis nul », « je sais rien faire », « je m’en fiche »
  • Responsabiliser car on ne peut pas travailler à la place de l’élève, on ne peut pas l’aider à s’en sortir s’il ne le veut pas non plus. Il doit être replacé dans une position volontariste et autant que possible, positive. D’où l’importance des ressorts psychoaffectifs afin de redonner à l’élève confiance en lui-même et remettre l’erreur à sa place dans le processus d’apprentissage

Les dispositifs institutionnels

  • Sans être exactement la panacée, l’accompagnement éducatif donne de bons résultats : méthodologie, aide aux devoirs, compléments d’explication, entraide entre élèves… Accessible à tous, tous les jours, dans les murs du collège, en petits groupes et avec un membre de l’équipe pédagogique, l’accompagnement éducatif propose une offre complémentaire dont l’utilité en termes de résultats scolaires et de comportements des élèves est avérée.
  • Le PPRE: « A tout moment de la scolarité obligatoire, lorsqu’il apparaît qu’un élève risque de ne pas maîtriser les connaissances et les compétences indispensables à la fin d’un cycle, le directeur d’école ou le chef d’établissement propose aux parents ou au responsable légal de l’élève de mettre conjointement en place un programme personnalisé de réussite éducative »

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